Butts : Une lettre de Republic Technologies au Président de la République

Butts : Une lettre de Republic Technologies au Président de la République

Suite à ses précédentes annonces au sujet des EPR Butts (voir 7 juillet 24 et 27 juin), Olivier Partouche, directeur général de Republic Technologies vient d'adresser un courrier au Président de la République.

Nous le montrons ci-dessous.

Monsieur le Président,

Alors que la majorité des Français ira bientôt dans les stations balnéaires, le problème récurrent de la pollution des plages par les mégots va refaire surface et les communes concernées seront à nouveau confrontées à des nettoyages répétés du littoral.

•• Afin de réduire ce phénomène, et plus généralement l'abandon de milliards de mégots de cigarettes au cours de l'année, le ministère de la Transition écologique et solidaire s'apprête à donner son agrément à l'éco-organisme Alcome, qui sera en charge de la nouvelle filière de recyclage. .pour les mégots de cigarettes, selon le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP).

Si la nécessité de mettre en place et de participer à une telle structure ne donne lieu à aucune discussion, les méthodes de calcul utilisées pour la contribution révèlent une injustice profonde, dont les conséquences pour Republic Technologies, entreprise papetière française basée à Perpignan depuis 1838. , s'annonce de lourdes conséquences en termes de viabilité économique de son activité, de préservation des emplois et de pérennité de ses investissements en faveur de l'éco-conception de ses produits.

Ces décisions ont été « prises en chambre » entre le ministère de la Transition écologique et solidaire et les grandes industries du tabac sans que Republic Technologies puisse y participer..

En tant qu'entreprise papetière qui produit des filtres à cigarettes roll-on, nous avons vraiment juste une obligation de contribuer financièrement à Alcome, sans avoir le droit de faire entendre notre voix dans les discussions.

•• Par exemple, le ministère concerné et les géants du tabac s'entendent depuis plusieurs mois sur un barème basé uniquement sur le nombre de filtres produits et donc sur le nombre de mégots jetés. Ils n'ont jamais tenu compte de la composition et du poids de ces filtres, et ont délibérément ignoré tous les efforts de notre papetière qui, depuis plusieurs années, a réalisé d'importants investissements en R&D pour produire des filtres en papier 100% biodégradables, hors tout matériau. tous les fabricants de tabac pour leurs cigarettes manufacturées.

L'issue imminente de ce genre de procès est le sacrifice de notre PME française historique au profit des multinationales du tabac, avec la bénédiction du gouvernement.

•• En effet, si les propositions qu'Alcom a retenues dans sa demande d'agrément sont confirmées par le ministère de la Transition écologique et solidaire, elles conduiront à une baisse substantielle de la contribution des entreprises du tabac et à un transfert de cette baisse à d'autres, pas au tabac. fabricants, en particulier Republic Technologies.

Notre société sera donc confrontée à la situation inhabituelle de payer un montant annuel de 8,5 millions d'euros d'ici 3 ans, alors que le chiffre d'affaires de notre activité « filtres » s'élève à 5 millions.

Cette situation horrible arrêterait de facto nos investissements en R&D pour la production de produits sans plastique. Cela pourrait également mettre en péril notre activité, voire affecter les 400 emplois que nous avons sur notre site de Perpignan., ville située dans un département déjà durement touché par le chômage et dont la structure économique est particulièrement fragile.

•• Qui plus est, qu'en est-il de la profonde incohérence d'une telle accréditation ? Elle serait promulguée en niant les démarches écoresponsables de certains industriels, comme Republic Technologies, notamment dans la lutte contre les plastiques à usage unique, et irait même à l'encontre d'un des objectifs d'EPR d'engager les acteurs d'une filière dans un approche de conception écologique.

Fabriquées par les fabricants de tabac pour les fabricants de tabac, ces balances Alcome ont un objectif : utiliser l'environnement pour réduire la concurrence de nos filtres, qui ont moins d'impact sur la planète, ouvrant ainsi le marché très rémunérateur des cigarettes manufacturées et autres produits du tabac chauffés. préserver..

•• Monsieur le Président, après plus de deux ans à essayer de faire entendre ces arguments par un ministère qui a clairement fait tous ses choix au mépris des principes qui sont censés guider son action, je te demande solennellement

que le barème de l'éco-organisme Alcome dans sa forme actuelle n'est pas homologué et prend en compte le critère du poids des filtres,

que le niveau d'écomodulation des filtres sans plastique soit fixé à 100 %, comme le permet le cahier des charges d'un éco-organisme. Il s'agit de préserver et de reconnaître équitablement la capacité d'une entreprise française à investir dans une économie plus vertueuse, à croire aux différences environnementales et à créer des emplois sur le territoire.

Convaincu que vous reconnaîtrez la légitimité et le bien-fondé de ma demande, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.

Olivier Partouche

Directeur Général République Technologies

Voir aussi notre article sur les tubes pour faire les cigarettes

Source : www.lemondedutabac.com

  • Lettres au président de la république sur la mort des français - Philippe Diolé - Livre
    Occasion - Bon Etat - Grasset GF - Grand Format - Structure Coopérative d'insertion à but non lucratif.