Contrebande / Contrefaçon : le contre-feu de la CNCT (Les Échos)

Contrebande / Contrefaçon : le contre-feu de la CNCT (Les Échos)

Le Comité national de lutte contre le tabac (CNCT / voir 15 juin 2022) a publié une note prétendant réfuter les arguments des industriels quant à l’émergence du marché parallèle, qui résulterait d’une taxation excessive.

Il a déclenché cet effet contre-productif quelques jours avant la publication du rapport annuel de KPMG sur le commerce illicite de cigarettes (voir 24 juin et 2 septembre 2021), pour le compte de Philip Morris International, selon un article du des échos, signé Solveig Godeluck, que nous reprenons.

Nous ne cherchons pas à nier la réalité du marché parallèle, mais à anticiper et neutraliser la communication qui s’opère chaque année autour de ce rapport, qui sert de levier de communication aux élus. » explique le Porte-parole du CNCT, François Topart

En 2021, un mission de l’Assemblée nationale (cf. 27 décembre et 29 septembre 2021) estiment ce marché parallèle entre 14 et 17 % des ventes en France », moitié moins que KPMG rappelle-t-il, accusant l’industrie de maintenir un ” confusion sémantique » entre ventes légales hors réseau des buralistes et commerce illégal (contrefaçon et contrebande, 25 % du marché parallèle). Selon une étude de Seita-Imperial Brands, les contrefaçons authentiques ne pèsent que 0,2 % du marché national.

La CNCT s’indigne du précédent rapport de KPMG, qui qualifiait la France de ” plus grand marché de l’Union avec 27 pour le commerce illicite de cigarettes » en 2020, avec « une augmentation sans précédent de 5,1 milliards (quelques cigarettes, ndlr) soit 609% du faux ” dans un an.

De tels chiffres impliqueraient l’achat et la consommation de près de 300 millions de paquets de tabac par an en France, soit environ 30 paquets par fumeur. », un défi logistique, répond la CNCT. De plus, cette augmentation provoquer un changement extrêmement rapide des modes de consommation », ce qui n’a pas été mis en évidence par Santé publique France.

L’association anti-tabac passe à l’offensive, affirmant que les deux tiers de la contrebande mondiale sont dus aux fabricants eux-mêmes, qui surapprovisionnent certains pays pivots. En 2019, par exemple, 552 cigarettes par habitant ont été livrées en France, contre 5.287 au Luxembourg. † Un tel chiffre signifierait que chaque Luxembourgeois, enfant et adulte, consomme plus de 14 cigarettes par jour. », ironise la CNCT.

Pour lutter contre le commerce illégal, l’association demande la mise en place d’une traçabilité indépendante des produits, des quotas de livraison par pays et la limitation des achats à l’étranger à trois colis par personne.

Voir aussi notre article sur les tubes pour faire les cigarettes

Source : www.lemondedutabac.com