Douanes : procès de douaniers soupçonnés de méthodes peu orthodoxes… il y a 7 ans (AFP)

Douanes : procès de douaniers soupçonnés de méthodes peu orthodoxes… il y a 7 ans (AFP)

Ils sont soupçonnés d’avoir gonflé artificiellement les chiffres de leurs saisies en passant secrètement un pacte avec un trafiquant d’êtres humains : six anciens douaniers sont jugés depuis lundi pour avoir répondu à un scandale révélé par la découverte du trafic de café contrefait.

C’est ainsi qu’un envoi commence AFPque nous reproduisons, sur une affaire déjà ancienne (voir 4 décembre 2019, 21 août 2018 et 25 avril 2017).

L’affaire met en lumière un sujet qui a choqué à plusieurs reprises les douanes ou la police anti-drogue ces dernières années : la gestion de certains informateurs† Elle emmène l’ex-patron de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), cinq de ses subordonnés, deux informateurs et un entrepreneur du Havre à la banque des suspects.

Tout a commencé par une prise record à l’été 2015, lorsque les “gabelous” ont découvert 43 tonnes de café contrefait en région parisienne. « Une première sur le territoire national », s’est vanté Bercy, leur ministère de tutelle. Mais bientôt la vision historique devient suspecte. Qui pourrait vraiment vendre des milliers de packs de ce robusta de mauvaise qualité en France ?

En fait, selon l’enquête, l’opération a été montée entièrement par le puissant Department of Customs Operations (DOD), le bras armé de la DNRED, avec l’aide d’un « conseiller » – un informateur dans le jargon – « de haut niveau ” : Zoran Petrovi. En échange des « pourboires » de cet ancien militaire serbe, qui organisait lui-même le transport et le stockage des marchandises, la hiérarchie douanière lui aurait permis d’importer ses propres conteneurs sans contrôle dans le port du Havre.

Les 43 tonnes de café sont ainsi déchargées en un chargement de 120 tonnes. Pour la juge d’instruction Aude Buresi, les 77 tonnes restantes de jamais retrouvées contenaient des cigarettes suspectées de contrebande au profit de ce trafiquant, proche de la mafia chinoise.

Les douaniers concernés enfreindre la loi dans le seul but de procéder à des saisies bénéfiques à l’image médiatique de la DNRED, mais sans résultat concret dans la lutte contre la contrebande “, tacle la magistrate dans son ordonnance de démission, les dénonce” infidélité totale à l’autorité judiciaire

De sérieux soupçons de corruption pèsent sur Pascal Schmidt, le patron du DOD du Havre et agent qui fait affaire avec Zoran Petrovic. Son bureau cachait près de 800 000 euros en espèces et deux montres de luxe, dont une offerte par le Serbe.

Mais au-delà des relations incestueuses du duo, l’instruction a révélé un système trouble autour de cet “oncle” jugé dangereux et “mis à l’index” dès 2009, moins d’un an après son recrutement par l’ancien directeur du DOD, Vincent Sauvalère.

Son apparition ne l’a pas empêché de devenir un centre de l’administration : selon le juge d’instruction, Zoran Petrovic a été réimmatriculé sous plusieurs autres identités, avec l’accord de M. Sauvalère, numéro 2 du service de renseignement des douanes, et de son adjointe Magalie Noël, afin de continuer à cacher sa collaboration.

Entre 2011 et 2015, les douanes ont organisé 32 saisies – contrefaçons, médicaments, café, cigarettes – grâce à ses “informations”, pour lesquelles il a perçu près de 400.000 euros sous divers pseudonymes.

Des montants injustifiés pour un informateur peu fréquent, conduisant la plupart des prévenus à être jugés pour détournement de fonds et escroquerie organisée, en plus d’une éventuelle complicité dans l’importation de café contrefait. † Chacune des charges retenues contre Vincent Sauvalère, toutes pavées d’incohérences et de contradictions ahurissantes, sera vigoureusement contestée lors de ce procès. dit leAFP son avocat, Matthias Pujos.

Un autre réalisateur épinglé, Erwan Guilmin, successeur de M. Sauvalère à la tête du DOD, est soupçonné d’avoir modifié une note classée “secret défense”, pour cacher la présence blacklistée de Zoran Petrovic. L’enquête va jusqu’à interroger l’ancien chef du renseignement douanier, Jean-Paul Garcia, dont le juge pointe “coïncidence” et “négligence” malgré plusieurs mises en garde sur l’affaire Petrovic.

En tant que directeur national, son rôle était stratégique, non opérationnel et donc pas de conseil. son avocat, Patrick Tabet, plaide, rappelant que le Serbe ” qu’un conseiller aux 1 250 qui travaillent pour le DNRED

Le procès durera jusqu’au 9 juin.

Source : www.lemondedutabac.com

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