"La contrebande alimentée par l'industrie du tabac finance le terrorisme" (CNCT)

"La contrebande alimentée par l'industrie du tabac finance le terrorisme" (CNCT)

Dans sa dernière déclaration, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) accuse les fabricants de ravitaillement en contrebande et demande que des quotas soient fixés pour limiter l'offre de chaque pays au niveau de leur consommation réelle.

Selon le Projet de signalement du crime organisé et de la corruption (OCCRP), l'industrie du tabac alimente massivement et délibérément le tabac de contrebande en Afrique de l'Ouest, même si elle finance la militarisation de la crime organisé, les milices ethniques et les organisations terroristes islamiques contre lesquelles l'armée française est engagée.

Alors que la France a annoncé un mission parlementaire sur les marchés parallèles (voir 11 janvier et 16 février), face à l'implication des compagnies de tabac dans le commerce illicite, la CNCT appelle le gouvernement à adopter un système de traçabilité et de traçabilité des produits totalement indépendant de l'industrie du tabac, et à introduire des quotas limiter l'offre des pays au niveau de leur consommation réelle.

Selon les travaux de recherche des journalistes de l'OCRP, Philip Morris International, Imperial Brands et British American Tobacco sont impliqués dans le commerce transnational du tabac en Afrique. Les trois fabricants de tabac accusé d'avoir délibérément sur-approvisionné les marchés locaux en Afrique, sachant qu'une grande majorité du tabac finira dans les réseaux de contrebande, contribuant au financement du crime organisé, des milices armées et des organisations djihadistes.

Par ailleurs, le représentant de Philip Morris au Burkina-Faso, Apollinaire Compaoré, est lui-même répertorié par l'ONU comme passeur et dirige un commerce annuel de milliards de cigarettes à destination de l'Afrique du Nord (Libye, Algérie). Selon les sources de l'OCCRP, le partenaire de Philip Morris aurait construit une relation commerciale à long terme avec le Cherif Ould Abidine, surnommé "Cherif cocaïne", connu pour son trafic de drogue au Sahel, et associé à des organisations terroristes. d'Al-Qaïda.

En perpétuant la contrebande en Afrique de l'Ouest et du Nord, l'industrie du tabac alimente "la principale cause d'instabilité et d'insécurité dans la région", et contribue à la survie d'un conflit meurtrier impliquant les troupes françaises.

Cet événement n'est pas un événement isolé, mais il incite la CNCT à rappeler les trois éléments suivants:

La France est directement impliquée

L'implication de l'industrie du tabac dans le commerce illicite en Afrique, et au Mali en particulier, concerne la France à deux égards. Premièrement, la contrebande finance les groupes armés et terroristes dans lesquels la France est engagée depuis 2012. De plus, des milliards de cigarettes circulent illégalement pour le Maghreb, tout suggérant qu'une partie de ce tabac se retrouve sur les marchés noirs européen et français.

La nécessité d'établir des quotas de livraison

La contrebande est alimentée par une offre excédentaire massive et délibérée de certains pays par l'industrie du tabac. Par exemple, le Burkina Faso importe une quantité annuelle de tabac, ce qui correspond à une consommation de dix paquets par jour et par habitant. Les mêmes stratégies se retrouvent en Europe, avec le commerce transfrontalier: l'industrie du tabac approvisionne la Principauté d'Andorre en 800 millions de cigarettes par an, alors que la consommation intérieure annuelle est estimée à 120 millions. La CNCT invite donc les décideurs publics à s'engager à fixer des quotas limitant l'offre de tabac à la consommation effective dans les pays.

L'urgence d'un système de suivi et de traçabilité indépendant

Malgré les condamnations prononcées dans plusieurs pays et les déclarations publiques des fabricants, l'industrie du tabac reste fortement impliquée dans la contrebande. C'est un problème sanitaire et fiscal majeur, mais aussi un problème de sécurité. La nécessité d'un système totalement indépendant des compagnies de tabac pour suivre les produits de l'usine au point de vente est essentielle. Au niveau de l'Union européenne, la faiblesse des critères d'indépendance du système en fait trop un outil aux mains des compagnies de tabac.

La CNCT invite donc le gouvernement à revoir le système actuel pour mettre en place un système de contrôle et de traçabilité totalement indépendant de l'industrie du tabac, conformément aux obligations internationales de la France et de l'Union européenne.

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Source : www.lemondedutabac.com

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