« Mais quelle politique de prévention ? » (forum Le Monde)

« Mais quelle politique de prévention ?  » (forum Le Monde)

Pour une “démocratie sanitaire dynamique”, il faut une information accessible, transparente et objective des consommateurs, et une indépendance totale vis-à-vis du secteur économique, prônée dans une nouvelle enceinte sur le Monde, Bernard Basset, François Boudillon et Serge Hercberg, médecins et spécialistes de la santé publique (voir 6 avril et 17 mars). extraits.

Tous les acteurs de la santé publique peuvent se réjouir que la prévention soit officiellement devenue une priorité au point qu’elle soit soulignée dans l’intitulé du ministère de la Santé et de la Prévention, confié à Brigitte Bourguignon. Depuis des décennies, la prévention n’a progressé qu’en réponse aux crises sanitaires démontrant à la fois sa pertinence et son efficacité (…)

On ne peut qu’espérer que ce nouveau mandat sera l’occasion de construire une véritable politique publique de prévention, et non pas un catalogue de mesures (et d’annonces gouvernementales), mais un programme d’ensemble cohérent qui réponde aux problèmes. Car le constat et les obstacles sont connus depuis longtemps.

Le choix des priorités est nécessaire en grande partie parce que nous connaissons sans aucun doute les plus grands déterminants de la santé : la consommation alcool et alcool le tabac, la malbouffe et l’inactivité physique, l’exposition environnementale nocive. On sait aussi qu’agir sur ces déterminants améliore l’espérance de vie sans incapacité.

Mais l’explication simple de ces priorités essentielles est aussi celle des plus grandes difficultés, car une prévention efficace se heurtera aux intérêts des secteurs économiques qui ont toujours résisté à des mesures telles qu’une information accessible, transparente et objective des consommateurs. Ne serait-ce que pour informer les femmes sur la dangerosité de l’alcool pendant la grossesse, responsable du syndrome d’alcoolisme foetal dont l’incidence est estimée à 1,3 pour 1 000 naissances vivantes par an (selon la haute autorité sanitaire).

De la même manière, le lobby agroalimentaire lutte sans relâche contre la diffusion du Nutri-Score, si compréhensible pour les consommateurs, qui permet d’améliorer les comportements d’achat et de changer la qualité nutritionnelle des produits en incitant les industriels à améliorer leur produits. . leur composition.

Il faut donc bien sûr affirmer en principe que l’information et les messages de santé doivent être totalement indépendants du secteur économique, et sous la responsabilité exclusive du ministère de la Santé et de la Prévention. Choisir l’efficacité pour la prévention, c’est aussi utiliser des outils qui ont fait leurs preuves. L’arme des prix, par les taxesen fait partie, qu’il s’agisse de la taxe sur les boissons sucrées, de la prix des cigarettes ou le prix minimum par unité d’alcool.

L’encadrement de la publicité pour les produits nocifs pour la santé (alcool, y compris le vin, aliments gras, sucrés, salés, etc.) doit aller de soi et s’accompagner d’une information fiable. Or, depuis trente ans on constate l’impossibilité de faire passer une loi réglementant la commercialisation et la publicité de la malbouffe, ainsi que les atteintes à cette loi exemplaire, la loi d’Évin

Il est temps que ce dernier retrouve sa puissance d’origine et qu’elle s’étend à de nouveaux risques, comme les paris sportifs en ligne, dont la promotion flagrante est à l’origine d’une dépendance comportementale de plus en plus fréquenteavec les problèmes sociaux, familiaux et de santé mentale qui y sont associés.

L’interdiction de vente de tabac et d’alcool aux mineurs, largement contournée aujourd’hui, montre que le respect de la loi n’est pas garanti.

Il est également temps de penser à la pollution de l’environnement, en premier lieu la pollution de l’air, responsable de 48 000 décès chaque année. [chiffre officiel retenu depuis 2016 par Santé publique France] et exposition aux pesticides, perturbateurs endocriniens, amiante et chlordécone (…)

De manière générale, les outils et programmes de prévention efficaces sont connus, mais leur déploiement nécessite à la fois une volonté politique et des moyens humains. La prévention nécessite souvent des compétences spécifiques qui ne sont pas réservées aux seuls professionnels de santé : ingénierie et gestion de projet, enseignement, montage de partenariats complexes, etc. On voit, sous l’influence des besoins, l’émergence de nouveaux métiers dans le domaine de la prévention. La reconnaissance de ces nouveaux métiers et de leurs missions, complémentaires à celles des professionnels de santé, est la condition de réussite, par l’inscription pérenne dans le paysage d’un système de prévention intégré au système de santé (…)

Il faut clairement dépasser la notion de risques sanitaires et s’inscrire résolument dans une logique de promotion en incluant la santé dans toutes les politiques permettant d’agir, notamment dans le domaine de l’environnement et du cadre de vie.

La recherche en santé publique, beaucoup moins développée que dans les pays anglo-saxons, doit accompagner cette construction d’une politique publique de prévention (…) Le travail de prévention et de promotion de la santé qui attend Brigitte Bourguignon est passionnant, mais difficile. Tous les professionnels de santé sont prêts à se mobiliser pour des politiques qui demandent audace et courage politique.

Signataires : Bernard Basset (Médecin et Président d’Addiction Care France), François Bourdillon (Médecin, Spécialiste en santé publique) et Serge Hercberg (Médecin, Spécialiste en nutrition)

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Source : www.lemondedutabac.com

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